Le soleil étant au rendez-vous, je décide de me rendre à La Roque-Gageac pour faire un tour de gabarre. Pour trouver l’embarcadère des gabarres Norbert c’est très simple : il est situé juste en face du seul parking communal du village (il est payant). Elles sont ouvertes de fin mars à fin octobre de 10 heures à 18 heures. Des tarifs groupe sont proposés à partir de 20 personnes. Je vous conseille de réserver vos places durant la période estivale, elles ont beaucoup de succès ! Des audio-guides sont disponibles pour les voyageurs étrangers.
Je m’installe sur mon banc en bois et j’attends le départ. Le moteur commence à tourner et le guide se présente. Il m’explique le trajet que l’on va effectuer ensemble pendant 55 minutes. La gabarre remonte tranquillement La Dordogne, le guide parle de son étymologie (« eau vive » en Celte). Dès le départ, le ton humoristique est donné. Il anime le bateau en nous faisant participer, le but est de finir ses phrases. C’est assez amusant, les réponses sont souvent similaires mais parfois on se fait avoir ! Je me rends compte que les premières syllabes d’un mot peuvent en construire plusieurs !
Je contemple la belle vue sur le village, la gabarre évite quelques canoës, certaines mains se lèvent pour nous saluer. Le guide en profite pour me conter l’histoire de La Roque-Gageac, c’est une belle transition. Dès le départ, je constate que le déroulement de la visite est très bien pensé. Il me donne des informations sur les habitats de falaise, sur un célèbre chanoine nommé Jean tarde qui a vécu ici, sur l’effondrement de la falaise en 1957 qui a laissé quelques traces.
Juste en face de moi, dans le virage, il y a le château de la Malartrie, son architecture est très belle ! C’est dans cette courbe également que des traces d’un vieux pont médiéval en pierre sont perceptibles. Je n’aurai jamais deviné qu’il s’agissait d’un pont ! Sur la falaise, j’aperçois quelques visiteurs de Marqueyssac qui regardent le panorama depuis le belvédère, la hauteur est très impressionnante !
Le guide traite ensuite des gabarres et de leur histoire. Il décrit le processus de chargement et de déchargement, les routes empruntées par les gabariers, le travail des hommes, des femmes et des enfants pour tirer les gabarres afin de les vider. Vient ensuite le chemin de fer qui fait décliner ce commerce pourtant très prisé.
La gabarre continue son petit bout de chemin jusqu’au pont de Castelnaud. La vue est splendide, le château surplombe toute la vallée, l’eau reflète les courbes du château donnant un effet miroir. La gabarre s’arrête un moment pour me permettre de faire plusieurs clichés, la vue en vaut la peine ! Le guide nous propose même de nous prendre en photo pour repartir avec un excellent souvenir de notre balade. Il est très avenant et sympathique, il a toujours une blague en réserve et un intérêt pour le confort des voyageurs. Cela se voit qu’il est très impliqué !
C’est l’heure du demi-tour. J’aperçois le château de Lacoste au loin puis de nouveau Marqueyssac. La gabarre s’arrête une nouvelle fois pour les clichés photos. L’ambiance est très conviviale, le fait de nous faire participer permet à l’ensemble des voyageurs de se détendre et de rigoler. Pendant tout mon trajet, il n’y a eu que des rires. Le guide me parle ensuite de la faune et de la flore que je peux rencontrer dans et autour de La Dordogne. Je me rends compte que les animaux sont très diversifiés !
Les dernières minutes se font en silence. Le guide me laisse profiter du calme de l’eau et du paysage, la détente est primordiale pour les gabarres Norbert. Tout le monde applaudis le guide une dernière fois, cela montre l’attachement des voyageurs envers cet homme au beau discours. J’aime beaucoup cette initiative de nous laisser contempler le paysage sans paroles, les langues se délient, cela casse le côté solennel d’une visite.
La gabarre revient à l’embarcadère. Les dernières informations sur le village sont données, je sais maintenant tout ce qu’il y a à visiter ! J’ai beaucoup apprécié cette balade au fil de l’eau, le paysage est naturellement beau et le discours du guide l’embellit ! Les gabarres offrent toujours un univers particulier à tous les visiteurs, celle de La Roque-Gageac m’a fait découvrir un patrimoine riche et exceptionnel tout en douceur !